Nancy Amert

Nancy Amert

Directrice, services-conseils

Andy Schmidt

Andy Schmidt

Vice-président, Banques de détail

Dans ce billet de blogue en quatre parties, nous explorons les principaux services financiers verts qui font leur apparition sur le marché bancaire, ainsi que les raisons pour lesquelles les banques devraient y porter attention. La première partie abordait les rouages internes de la finance verte et des obligations vertes. Dans la deuxième partie, nous nous pencherons sur les prêts liés à la durabilité et le financement durable de la chaîne d’approvisionnement.

Qu’est-ce qu’un prêt lié à la durabilité?

Selon les principes sur les prêts liés à la durabilité* publiés en juillet 2021, un prêt lié à la durabilité est un instrument de prêt et de facilité conditionnelle (lignes de cautionnement, lignes de garanties ou lettres de crédit, par exemple) qui incite les emprunteurs à atteindre des cibles de performance prédéterminées en matière de durabilité.

En effet, un prêt lié à la durabilité établit une relation directe entre les modalités d’un prêt – généralement, la tarification – et les résultats de l’emprunteur quant à l’atteinte de cibles précises de développement durable. L’emprunteur et le prêteur conviennent habituellement de ces cibles pour chaque transaction.

Contrairement à un prêt vert, un prêt lié à la durabilité ne sert pas nécessairement à financer un projet écologique et peut être utilisé aux fins générales de l’entreprise. En outre, un prêt peut être structuré de façon à être considéré à la fois comme un prêt vert et un prêt lié à la durabilité.

L’essor du financement durable de la chaîne d’approvisionnement

Selon Business for Social Responsibility (BSR), le financement durable de la chaîne d’approvisionnement se définit comme un groupe de pratiques de financement de la chaîne d’approvisionnement qui intègre des considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) en vue d’encourager l’adoption de comportements durables au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Essentiellement, ce type de financement récompense les réalisations des fournisseurs en matière de développement durable. Les récompenses peuvent prendre différentes formes. Par exemple, un fournisseur qui atteint ses objectifs ESG pourrait obtenir des taux ou des modalités de financement plus avantageux que ceux des autres fournisseurs, ou même accéder à un programme exclusif de gestion de la chaîne d’approvisionnement.

Ces programmes sont généralement dirigés par les entreprises acheteuses, et mis en place dans le but d’établir une chaîne d’approvisionnement durable et d’inciter les fournisseurs à améliorer leur durabilité.

Avantages et inconvénients du financement durable de la chaîne d’approvisionnement

Depuis 2014, de nombreuses grandes marques internationales, comme Walmart, Puma et Levi Strauss, ont mis en œuvre d’importants programmes de financement durable de la chaîne d’approvisionnement. Parallèlement, la plupart des principales banques vantent le succès de leurs programmes dans ce domaine. Cependant, ce type de financement présente aussi des obstacles de taille, comme la difficulté de faire un suivi des activités de développement durable des fournisseurs, l’inégalité des déclarations en raison de l’absence de normes communes, et même la fraude.

Mécanismes pour maximiser les avantages

Le rapport de BSR mentionné ci-dessus propose des mécanismes prometteurs pour favoriser et soutenir le financement durable de la chaîne d’approvisionnement, y compris des programmes de financement des fournisseurs durables et des contrats intelligents. Le rapport indique que ces mécanismes ont le potentiel de procurer des avantages tangibles aux acheteurs mondiaux, aux prestataires de services financiers et aux fournisseurs sur le plan commercial et écoresponsable.

Les solutions durables de financement des fournisseurs intègrent des critères de rendement ESG aux programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement administrés par les entreprises acheteuses. Elles permettent aux acheteurs mondiaux d’offrir des avantages tangibles (p. ex., de meilleurs taux d’escompte) aux fournisseurs qui atteignent les cibles de développement durable établies. Ces solutions s’adressent aux entreprises mondiales qui mettent en œuvre des programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement et qui souhaitent offrir une incitation directe à leurs fournisseurs.

Les contrats intelligents, souvent inscrits dans une chaîne de blocs distribuée et décentralisée, sont des contrats autoexécutants dans lesquels les modalités convenues entre l’acheteur et le vendeur sont exprimées sous forme de code informatique. Les contrats intelligents assurent la traçabilité, la transparence et l’irréversibilité des transactions, qui sont les principes de base d’un programme traditionnel de financement de la chaîne d’approvisionnement.

Le rôle des entreprises

Walmart et HSBC ont formé un partenariat* pour développer un programme de financement durable de la chaîne d’approvisionnement. Ce programme propose des tarifs préférentiels aux fournisseurs de Walmart qui adoptent les normes de durabilité et constitue un bon exemple de contrat intelligent. Les progrès des fournisseurs sont mesurés en fonction du programme Project Gigaton et de l’indice de durabilité de Walmart. L’entreprise a lancé l’initiative Project Gigaton* afin de réduire d’un milliard de tonnes métriques (une gigatonne) les émissions de gaz à effet de serre de sa chaîne d’approvisionnement mondiale d’ici 2030.

Le rôle des banques

Les entreprises dont les activités touchent l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement sont les mieux positionnées pour stimuler le développement durable. Selon une variété de chercheurs, les entreprises sont actuellement les plus grandes émettrices de gaz à effet de serre. Par conséquent, les banques internationales peuvent jouer un rôle primordial dans l’augmentation de la durabilité en encourageant les entreprises à adopter des pratiques écoresponsables.

Barrières à l’adoption du financement durable de la chaîne d’approvisionnement

Bien que l’intérêt pour ce domaine soit en hausse, l’adoption demeure faible. Les barrières à l’adoption actuelles sont principalement causées par le manque de sensibilisation à l’égard du financement durable de la chaîne d’approvisionnement et par l’accès limité aux données sur la chaîne d’approvisionnement nécessaires au soutien de tels programmes. Cependant, compte tenu de la trajectoire actuelle des tendances du marché – qu’il s’agisse du resserrement des réglementations gouvernementales encourageant l’atteinte des objectifs climatiques, ou des consommateurs (et employés) qui privilégient les organisations écoresponsables –, nous nous attendons à ce que l’adoption s’accélère, à condition que :

  1. davantage de banques et d’entreprises se renseignent sur ces programmes;
  2. davantage de fournisseurs de données s’intéressent à ce domaine spécialisé du monde financier et proposent des services de gestion des données, d’analyse des données et d’autres formes de soutien.

Conclusion

Les prêts liés à la durabilité et les programmes de financement durable de la chaîne d’approvisionnement peuvent constituer de bons outils pour encourager l’adoption de comportements durables dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement mondiales. En accroissant l’éducation, le soutien et la sensibilisation à l’égard de ces services, il est possible d’améliorer grandement leur accessibilité.

Dans la troisième partie de ce billet de blogue, nous aborderons la combinaison de la finance verte et des technologies émergentes.

Pour en savoir davantage sur ce sujet, n’hésitez pas à communiquer avec nancy.amert@cgi.com ou andy.schmidt@cgi.com.

*en anglais

À propos des auteurs

Nancy Amert

Nancy Amert

Directrice, services-conseils

Nancy compte plus de 25 années d'expérience dans le domaine bancaire et du commerce. Elle est reconnue pour son expertise en chaîne de blocs et en technologies de registre distribué (DLT).

Andy Schmidt

Andy Schmidt

Vice-président, Banques de détail

Andy Schmidt est un ancien banquier et analyste de l’industrie qui aide à orienter la stratégie de CGI dans la verticale des services financiers mondiaux de l’entreprise. Andy a plus de 25 ans d’expérience dans l’orientation des décisions financières et technologiques. Son expertise principale couvre ...